Le bénéfice du doute #1 : Devenons les gourous-sages du feng-shui vestimentaire

En ce mois de juin, je me suis lancé un défi absurde et pour le moins inutile : ne jamais porter la même tenue. Porter plusieurs fois l’intemporel jean noir ou bleu était accepté, mais jamais avec le même top. Pas deux fois la même robe, ni le même gilet. En somme, 30 jours pour tester ma garde-robe.

Les défis sont des occupations pour les personnes qui s’ennuient. Une idiotie pareille devait prouver que j’étais capable d’occuper mon temps de manière plus efficace. Ça ne m’a pas servi de leçon. Je me suis donc prise au jeu très sérieusement. (Voire beaucoup trop).

Nous sommes le 1er juillet et pas une fois je n’ai porté le même ensemble -HOURRA !! La fierté était à son comble.

Malgré cette magnifique victoire (encore meilleure que la coupe du monde 98, il faut l’avouer, et l’assumer) un fait m’a interpellé : il me restait des vêtements jamais portés, ni même sortis lors des essayages d’urgence matinale. « Sale gosse de riche, pourrie gâtée » me hurlait à l’oreille le petit diable sur mon épaule gauche.

Pourtant, je n’en avais pas l’impression. C’est alors que je me suis demandé : depuis quand la société de consommation vestimentaire était devenue aussi monstrueuse, jetable et irresponsable ?

Ma grand-mère achetait peu mais de la qualité. Que des habits de marque, malgré ses maigres moyens. Cela fait maintenant huit ans qu’elle nous a quittés. Ses gilets, chemisiers, jupes, foulards, et autres accessoires subsistent.

Aujourd’hui, Dior, Louis Vuitton, Hermès sont les entreprises les moins transparentes[1] à propos de leur production. Preuve qu’elles ne sont pas des exemples à suivre … On se demande bien ce qu’elles ont à cacher. Les tissus et le savoir-faire quoique sûrement de très bonne qualité sont peut-être (il faut savoir accorder le bénéfice du doute…) assemblés par une main d’œuvre sous-payée. Achetons cher pour cautionner un système esclavageant des êtres humains ! C’est le message que les consommateurs déploient. À quoi bon acheter cette pseudo-qualité ?

Après cette mise en pratique, m’ayant enfin ouvert les yeux, je ne me voyais pourtant pas me séparer de mes pièces. Elles étaient issues d’H&M, Zara, Mango et autre mode de prêt-à-porter, prêt-à-jeter. (Assumant plus frontalement leur mode de production honteux, qu’ils accordent à des prix beaucoup plus abordables). Qu’est-ce qui me retenait de balancer, donner ces fringues que je n’ai pas portées pendant un mois complet alors que la météo m’avait offert le vent, la pluie, le soleil et des températures plus ou moins clémentes.

Allez ! C’était décidé. J’ai fait un tri drastique. Ne garder que l’essentiel pour effacer le superficiel. Je serai le gourou-sage du feng-shui vestimentaire. En réalité, on est capable de n’avoir que deux bons jean’s, disons dix hauts sympas et une petite robe noire. La sainte machine à laver permettant l’alternance des tenues.

À présent, je me retrouve face à un dressing vidé et triste. Quand finissent les soldes déjà ?


[1] Selon l’étude Fashion Transparency : https://fashionrevolution.org/wp-content/uploads/2016/04/FR_FashionTransparencyIndex.pdf

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