Vers un nouveau « Big Bang ferroviaire » ?

Après plusieurs mois inédits de mobilisation sociale des cheminots, l’heure est au constat. Jeudi dernier a définitivement été voté par le Sénat, le projet de loi : « le Nouveau pacte ferroviaire » auparavant adopté avec plus 452 voix contre seulement 80 refus à l’Assemblée National. Ce « Nouveau pacte ferroviaire » a été dénoncé par certains députés de gauche comme étant « un pacte LR-LRM » au détriment des cheminots. Si ce projet de loi déplaît, est-ce réellement un « Big Bang ferroviaire » ?

Ce pacte entrera en vigueur le 1 janvier 2020 et aura pour principal objectif de réguler la dette de la SNCF qui ne cesse de croitre. L’Etat deviendrait en outre le principal garant. C’est pourquoi, un certain nombre de changement sont nécessaires.

Un changement de statut inédit

Dans un premier temps, dans le cadre seulement des nouvelles embauches, ce projet de loi vise à redéfinir le statut des cheminots. Il s’agira donc de réviser les droits dont ils s’acquittent actuellement. En 2020, la SNCF et ses filiales seront de plus entièrement une société anonyme à capitaux publics. En d’autres termes, les capitaux seront détenus par des organismes publics comme l’Etat. Ayant pour conséquence alors, l’ouverture de cette société de transports à la concurrence. Les régions pourront donc établir leurs propres transports ferroviaires sur les mêmes lignes empruntées par la SNCF. Ces premiers changements ne cessent d’inquiéter et sont parfois sujets à des confusions. Il n’est pourtant pas questiond’une quelconque privatisation de ce réseau ferroviaire.

La lutte ferroviaire continuera-t-elle ?

Débuté le 1eravril, ce mouvement social est aujourd’hui considéré comme étant le plus long depuis les trente dernières années. Les dernières grèves prouvent un essoufflement de cette crise. Au 32èmejour de grève par exemple, le mouvement n’est représenté seulement que par 10,8% de gréviste.Suiteau vote du Sénat le jeudi 14 juin et face à un avenir incertain, l’intersyndicale de la SNCF composée de la CGT, UNSA-ferroviaire, SUD et CFDT-cheminots se sont réunis avec la présence d’Elisabeth Borne, Ministre des Transports,  afin de pouvoir relancer les négociations. Les syndicats et organisations patronales ont interpellé les cheminots à poursuivre la grève et à se mobiliser « massivement » le 28 juin. Date officielle du dernier jour de grève, quoiqu’elle fût, maintenant, prolongée jusque fin Juillet par le secrétaire général de la CGT, Laurent Brun à l’encontre de la volonté de l’UNSA-ferroviaire. En cela les désaccords entre les différentes organisations syndicales ne peuvent aboutir à une cohésion. Il s’agirait selon les propos d’Elisabeth Borne d’une « grève politique » menée par la CGT contre la SNCF.

 Dans un contexte de « bras de fer avec le patronat », cette réforme s’impose clairement dans un moment où la réorganisation devient primordiale. Face à l’inflexibilité d’Emmanuel Macron, à une opinion publique dépassée et à un désaccord entre les organisations syndicales, il semble difficile d’entrapercevoir une quelconque issue.

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