Way2up : Ophélie Duvillard révolutionne la relation entre marques et influenceurs

Il y a un peu plus de six mois, nous avions rencontré Ophélie Duvillard, alors en pleine création de son « nouveau bébé ». À seulement 21 ans, la mannequin originaire de Megève est désormais à la tête de sa propre start-up : Way2up, une plateforme numérique qui met en relation directement les influenceurs et les marques, sans commission ni intermédiaire. Retour sur ce projet ambitieux.

Peter Rechou : Quand nous t’avions rencontré en avril dernier, à la question « Pour toi demain ce sera comment ? », tu nous avais répondu « Demain, ce sera le lancement de ma startup qui m’excite beaucoup ». Ça y est, elle est lancée. Alors tu te sens comment ?

Ophélie Duvillard : Je me sens très bien, mais aussi très stressée. Je travaille beaucoup pour que ça fonctionne au maximum. Je suis très heureuse car la soirée de lancement s’est très bien passée, je ne pouvais pas espérer mieux. Maintenant, c’est l’après. Désormais, j’ai les deux pieds dans l’entreprenariat. C’est beaucoup plus de travail, beaucoup plus de stress, mais surtout plus d’envie, d’excitation.

« À 16 ans, je voulais déjà être ma propre patronne. À 18 ans, c’était sûr et certain que je le serai. »

PR : Avant tu étais mannequin, puis influenceuse. Comment on passe du mannequinat au monde de la start-up ?

OD : On ne passe pas forcément du monde du mannequinat à celui de la startup, je pense que l’on naît peut-être déjà entrepreneur. À 16 ans, je voulais déjà être ma propre patronne. À 18 ans, c’était sûr et certain que je le serai. Quand on nous demandait ce que l’on voudrait faire dans notre vie, tous mes amis répondaient qu’ils voulaient avoir un poste haut placé chez des marques comme L’Oréal ; moi je voulais monter ma boite. Mais on ne devient pas entrepreneur d’un coup, j’ai fait du mannequinat pendant les deux années où j’ai monté ma start-up, ça m’assurait des revenus sécuritaires : en deux journées de travail, je pouvais passer deux semaines à bosser sur ma startup. Donc au final, ça m’a aidé.

PR : Comment t’es venue l’idée de Way2up ?

OD : J’étais en ERASMUS en Irlande mais je m’ennuyais beaucoup. Une fois que j’ai appris l’anglais, je me suis vite rendu compte que les cours que l’on avait ne m’apprenaient pas grand-chose, c’était des choses très basiques du marketing. Du coup, j’optimisais mon temps. Je lisais un livre qui s’appelle La semaine de quatre heures et qui m’a beaucoup aidé pour entreprendre. Ensuite, j’ai répondu à deux besoins que j’avais en tant qu’instagrammeuse : pouvoir être référencée auprès des marques, car venant de Megève, c’est parfois difficile de se faire connaître auprès d’elles ; d’un autre côté, j’étais community manager pour plusieurs enseignes et on me demandait parfois de trouver des influenceurs très spécifiques, alors je passais des heures à les trouver. J’ai donc eu l’idée de créer une plateforme qui répondait à ces deux besoins.

 

 

 

 

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PR : Tu t’es entourée de trois autres personnes dans cette aventure. Mais comment fait-on pour bien s’entourer ?

OD : Je pense que le réseau se créé dès nos 10 ans et que c’est très important de l’entretenir. Il faut parler aux gens, aller vers eux. À l’école ou au lycée, il faut aller parler aux profs et aux intervenants. Il faut les suivre sur Twitter ou Linkedin, c’est ce que je faisais tout le temps car ça nous permet de se démarquer. D’ailleurs, l’un de mes associés est un ancien intervenant de mon IUT avec qui j’avais tissé un lien. Et quand on est à un événement, il faut toujours rester jusqu’à la fin. C’est à ce moment-là que les contacts se tissent le mieux et naturellement.

Ensuite, il ne faut pas avoir peur de contacter des personnes très importantes ou haut placées. On pense que l’on ne peut rien leur apprendre mais en fait on a toujours quelque chose à apporter à quelqu’un. J’ai eu la chance de déjeuner avec le PDG de l’agence Buzzman, qui est une personne très inspirante et qui m’impressionnait beaucoup, mais au final je lui ai appris à retoucher des photos sur Instagram ou encore des choses sur l’influence marketing. Il ne faut pas penser au titre : un étudiant aujourd’hui sera peut-être un PDG demain, tout le monde est à la même enseigne.

PR : Quel a été le rôle de chacun ?

OD : On est un peu des couteaux suisses, on touche à tout, même si on a des rôles sur le papier. Laurent Debrai-Malot, banquier de profession, était intervenant dans mon IUT, je lui ai donc demandé d’être mon mentor au début, puis il a tellement adoré l’idée qu’il a voulu s’associer. Il n’a pas les mêmes compétences que moi, et c’est important de s’entourer de personnes qui savent faire d’autres choses, il n’y a pas besoin de savoir tout faire si on est bien entouré. Laurent c’est plutôt les chiffres. Je n’ai pas du tout touché à tout ce qui était prévisions, gestion de banques, factures, devis, etc. C’est lui qui s’en occupe.

J’ai rencontré Adam Castelli et Erwan Esteve, mes deux autres associés, dans un projet de création d’entreprise de mon IUT. J’étais dans la promotion au-dessus, et je leur ai proposé de travailler sur ce projet avec moi. Grâce à ça, ils ont gagné avec les félicitations du jury. C’était au tout début du projet, mais ils m’avaient créé une bonne base avec un business plan, alors je leur ai proposé de nous associer. Adam s’occupe de la partie commerciale et du secretariat, Erwan s’occupe de faire l’intermédiaire entre l’agence de développeur web et la start-up, puis bientôt des reporting et toute la partie technique. Moi, je manage l’ensemble, je fais une veille en permanence sur le marketing d’influence et les nouveautés. Je gère également la communication digitale et les voyages : chaque mois, je vais emmener des influenceurs tirés au sort quelque part pendant plusieurs jours, et plus tard j’aimerai que ce soit toutes les semaines et en simultanés par la suite. Mon but est d’en organiser cinq voyages par mois dans le monde entier : je veux créer une grande famille.

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Erwan Esteve, Adam Castelli, Laurent Debrai-Malot et Ophélie Duvillard lors la soirée de lancement de Way2Up

PR : Finalement, les influenceurs n’ont pas tous des centaines de milliers de followers, des années d’expériences ou des personnes pour les conseiller. Avec Way2up, il n’y a pas de commission, les marques contactent directement les influenceurs. Est-ce que les intermédiaires ne sont pas parfois indispensables pour que les influenceurs tirent leur épingle du jeu face aux marques ? Auront-ils les ressources nécessaires pour mener à bien les négociations ?

OD : Pas du tout. En général, un intermédiaire est une agence ou un agent, mais parfois on passe même par plusieurs tiers : l’agence de communication, l’agence web, l’agence de mannequins, etc. À chaque fois que j’ai eu affaire à des agences, j’étais seule face à un intermédiaire qui voulait tout pour la marque, donc ça ne m’aidait pas du tout. Sachant que ceux qui aident les influenceurs sont leurs agents, ils peuvent directement s’inscrire sur Way2up pour gérer tous leurs influenceurs au même endroit en même temps. Mais une agence peut aussi contacter les influenceurs via notre plateforme, je ne suis pas du tout en concurrence avec elles puisque je ne fais que mettre en relation. Way2up n’a pas vu sur les messages ou sur les commissions. D’ailleurs, dans les versions prochaines, j’ai dans l’optique de créer un compte agent pour que des networks puissent avoir accès à ceux des influenceurs qu’ils gèrent afin d’organiser des partenariats beaucoup plus facilement grâce à des comptes liés.

PR : Tu fréquentais déjà beaucoup d’influenceurs et d’influenceuses, j’imagine que tu as échangé avec certains d’entre eux pour créer cette start-up. Quels ont été les meilleurs conseils que tu ais reçu ?

OD : J’avoue que je n’en ai pas beaucoup parlé, je ne voulais pas trop que ça se sache avant que ça sorte. Mais ceux à qui j’en ai parlé ont tous été emballés car il n’existait pas de plateforme sans intermédiaires ou avec un contact direct et humain avec les marques.

 

PR : En avril dernier, tu nous avais également déclaré à propos de l’entreprenariat « il y aura des coups de moins bien, des coups de trop bien, mais il faut toujours se battre ». Quels ont été ces moments, que tu avais toi-même qualifiés de « montagnes russes » dans l’élaboration de Way2up ?

OD : Il y en avait beaucoup. Je peux en dire un qui m’est arrivé lors de la soirée de lancement. La salle était sur trois étages et le dernier était consacré au « retour en enfance », avec barbes à papas, pop-corn, babyfoot et mini-golf. À l’heure à laquelle commençait l’événement, je n’avais toujours pas de nouvelles du prestataire à qui je louais le matériel. Ils sont arrivés avec quatre heures de retard, on a du tout réorganiser alors que tout allait bien jusqu’ici.

Mais le plus gros « coup de moins bien » était il y a quelques mois déjà. Au début, ma start-up devaient s’appeler Fluzz et tout était mis en place : le nom était déposé à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle, ndlr), le logo était fait, la ligne édito aussi, etc. Mais France Télévisions m’a envoyé ses avocats, car ils trouvaient que cela ressemblait trop à Pluzz. J’ai dû tout recommencer.

Mais il y a aussi des « coups de trop bien », il y en a d’ailleurs beaucoup plus que les autres. Il faut toujours se battre, et on finit par y arriver !

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Soirée de lancement de Way2Up

PR : Quels sont tes attentes concrètes pour les prochains mois ou les prochaines années concernant Way2up ?

OD : Durant les prochaines années, j’aimerai faire de Way2up la plateforme indispensable pour la mise en relation des influenceurs et les annonceurs. Je veux que tout ça permette de créer des supers projets. Le temps que je ne mets pas à les mettre en relation, vu que tout est automatisé, je le met dans l’évolution de la plateforme afin qu’elle soit le mieux adaptée aux besoins. Je suis très à l’écoute des avis des marques et des influenceurs pour l’améliorer. Dans la version qui arrive, les marques pourront créer des listes, par exemple « mode » ou « 20 000 followers », afin qu’elles puissent envoyer un message à tous leurs contacts d’un coup. Cela va plus loin que la simple mise en relation.

PR : Quels sont les conseils que tu donnerais à la Ophélie d’il y a 10 ans ?

OD : S’intéresser aux livres de développement personnel et ceux sur les lois de l’attraction. J’ai d’ailleurs une catégorie qui y est consacrée sur mon blog, c’est ce qui m’a aidé et qui m’aide à changer en bien, à aller au bout de mes projets, à rester motiver.

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Anil Brancaleoni (Wartek) et Armand TV lors de la soirée de lancement de Way2up

PR : Maintenant que le « demain » dont tu nous avais parlé est ton présent et que ce « bébé » est lancé, pour reprendre tes mots, as-tu d’autres projets en cours ?

OD : Petite exclu : oui j’ai toujours un autre projet en cours, mais toujours en relation avec Way2up. Beaucoup de marques me demandent que je m’occupe de tout : de leurs campagnes ou de la création d’événements, pas que de la mise en relation. Même si au final ce n’est pas vraiment ce que je voulais faire, j’ai créé une filiale de Way2up pour m’occuper de ça. Je vais sélectionner les projets qui m’intéressent, car j’ai la chance de pouvoir le faire. Et sachant que je suis également accompagné d’Anil, mon copain : qu’il a un esprit très créatif, qu’il maitrise vraiment la production de vidéo et qu’il connaît beaucoup de monde, c’est lui qui est à la tête de cette nouvelle agence de communication. Je veux que l’on sorte de ce qu’il se fait déjà, et je pense qu’il est parfait pour ça.

 

 

 


Propos recueillis par Peter RECHOU le 05/11/2017.
Toute reproduction est interdite sans la mention Demain Lucien.
Photos : © Way2up
Site internet : way2up.co
Agence de communication : way2up.net
Ophélie Duvillard :  TwitterInstagram
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