Simone Veil : une vie hors-norme

Elle était la grâce et l’élégance à la française. Elle incarnait le courage, la force et la persévérance. Elle était prisonnière avant de gagner sa liberté. Elle était cette femme dans ce monde d’hommes. Elle était cette déportée qui croyait en l’Europe. Elle était belle et terriblement intelligente. Elle symbolisait l’espoir et l’espérance. Elle représentait le temps en s’installant dans le foyer de chaque français.

Simone Veil était tout ça à la fois et bien plus encore.
L’ancienne ministre de la santé s’est donc éteinte ce vendredi 30 juin à l’âge de 89 ans.
Demain Lucien revient sur le destin de cette personnalité hors du commun.

Une enfance troublée par la Seconde Guerre Mondiale

Simone Jacob nait à Nice le 13 juillet 1927 dans une famille juive non pratiquante. Son enfance est paisible jusqu’à l’été 1940. Le monde est en guerre depuis un an, lorsque la France et notamment le gouvernement de Vichy signe l’armistice avec l’Allemagne Nazie. C’est le début de la collaboration. L’Etat français essaie de plaire au Reich et mène ainsi des politiques antisémites de plus en plus restrictives. Pendant quatre ans, les lois se multiplient et la répression sévit.

Le 30 mars 1944, Simone, alors âgée de seulement 16 ans se fait arrêter par deux officiers allemands dans les rues de Nice en présence de faux papiers d’identité. Les services de la Gestapo retrouvent très vite le reste de sa famille. Les sanctions sont immédiates : direction le camp de Drancy puis celui d’Auschwitz-Birkenau. Là-bas, sous le matricule 78651 elle y côtoie la peur, l’horreur et la mort.
Une épreuve qui marquera d’une tache indélébile sa vie.
Le 15 avril 1945, lorsque les troupes britanniques libèrent son camp, Simone Veil a perdu sa mère, son père et son jeune frère dans le conflit.

Une élève modèle

Bachelière à seulement 16 ans, Simone Jacob reprend ses études après la guerre.
Brisant tous les tabous de l’époque, elle s’oriente vers des études alors peu ouvertes aux femmes.
Elle apprend le droit et entre dans la prestigieuse école parisienne Sciences Po où elle rencontre son futur époux Antoine Veil.
Elle renoncera dans un premier temps à exercer une profession avant de réussir brillamment en 1956 le concours sélectif de l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM).

La loi

Ce qui fit rentrer Simone Veil dans l’histoire et dans le coeur de chaque français, fut sa loi entre 1974 et 1975 permettant aux femmes d’interrompre volontairement leur grossesse en dépénalisant l’avortement.

Tout juste nommée Ministre de la santé dans le gouvernement de Jacques Chirac, présidé par Valery Giscard d’Estaing, la nouvelle ministre est chargée de porter son projet de loi dans une assemblée assez hostile.
Composé à la grande majorité d’hommes, le Parlement ne voit pas d’un bon oeil, cette réforme progressiste.
Simone Veil est bousculée, menacée parfois même insultée. Mais elle tient bon et obtient le 29 novembre 1974 la majorité des voix des députés et le texte entre en vigueur en janvier 1975.

Aujourd’hui cette loi est une des plus importantes de la Cinquième République mais même si elle est approuvée par une grande partie des français, elle reste sujette à des controverses.

L’Europe

L’autre combat, de cette battante est évidemment l’Europe. Les traumatismes de son enfance l’ont poussée à s’investir dans le projet européen. « L’Europe c’est avant tout la paix » s’exclamait-elle.
Elle conduit en 1979 la liste de l’UDF (Union pour la Démocratie française) aux élections européennes. Franchement élue, elle parvient à devenir Présidente du Parlement européen.
Encore une fois, elle s’imposa dans un espace particulièrement masculin.
Elle ne briguera cependant pas un deuxième mandat pour sa présidence mais restera députée jusqu’en 1993.

L’Académie Française

S’étant quelque peu retirée de la vie politique française, Simone Veil revient sur le devant de la scène en entrant chez les « Immortels » de l’Académie française en novembre 2008 parachevant ainsi sa vie d’engagement et d’humanité.
Elle siège dans le fauteuil de Pierre Messmer, qui fut également celui de Jean Racine et Paul Claudel.
Son épée délivrée par l’Académie, décrit sa vie. On y retrouve son matricule 78651, la devise française et celle de l’Union Européenne.

Ainsi s’achève la vie d’une femme au destin hors du commun. Une personnalité qui fut de tous les combats, qui connut toutes les épreuves. Simone Veil s’en va et ne fêtera jamais son 90ème printemps mais son oeuvre reste, sa flamme brûle toujours. Puisse t’elle être comme le dit le président Macron, une lumière, un exemple pour les générations à venir.

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