Démocratie en danger ?

Alors que la politique se désagrège dans le monde entier, avec une multiplication des décisions et des pensées nationalistes (Brexit, montée des extrêmes), on peut se demander si notre démocratie n’est pas en réel danger et à plus juste titre : est-ce réellement le meilleur produit politique ?

Pour commencer, la démocratie est définie comme un système politique où le pouvoir est détenu par le peuple (Demos : peuple, Kratos : pouvoir) et né à Athènes sous la forme d’une démocratie directe, où les citoyens étaient tirés au sort et exerçaient eux-mêmes leur souveraineté. Cependant, cette forme de démocratie, telle qu’elle était pratiquée à Athènes, connaissait des failles. En effet, seuls les hommes pouvaient prétendre à être citoyens, en plus devaient-ils être nés de parents athéniens et être libérés de leur service militaire de deux ans. Rappelons ensuite que l’esclavage était pratiqué. Or, à présent, dans nos démocraties modernes, les valeurs soutenues se retrouvent dans le respect des droits de l’homme, la liberté et l’égalité.

Dans l’ère moderne, la démocratie représentative a été privilégiée. Il s’agit pour le peuple de déléguer sa souveraineté à un homme ou une femme qui aura été élu. Le vote est donc une action et un droit important qui, lorsqu’il est direct, permet à l’élu d’agir avec une légitimité presque totale.

Néanmoins, au cours des dernières années, cette démocratie a montré beaucoup de faiblesses. D’une part, l’activité politique qui devait être un complément à la vie professionnelle des élus est devenue leur seul et unique métier. Cette professionnalisation de la politique est l’une des plus grande faille de cette démocratie. De ce fait, les élus peuvent paraître totalement déconnectés de la vie réelle, de ce que vit le peuple. Alors, le peuple se retrouve en partie dépossédé de sa souveraineté. C’est ainsi que malgré les alternances nous continuons d’entendre : «  ce sont tous les mêmes ». Le message ne passe plus. Ceci est accentué par la hausse de la corruption comme au Brésil ou en Ukraine.

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Manifestation anti-corruption appelant à la démission de la Présidente Dilma Rousseff, à São-Paulo en mars 2015

Heureusement, pour lutter contre cela, certaines mesures sont mises en place : éviter le cumul des mandats et donc la multiplication des tâches qui ne seront pas bien menées, l’interdiction d’être réélu plus d’un certain nombre de fois (pour le Président de la République en France et aux Etats-Unis par exemple). Mais cela ne suffit plus. Certains considèrent qu’une réelle crise de la représentation est en train de se jouer surtout en considérant la baisse de la participation politique lors des élections. Or, la « bonne santé » d’une démocratie se mesure habituellement par son taux de participation.

Le sentiment d’une dépossession de souveraineté de la part du peuple peut être évitée grâce à d’autres formes de démocratie qui sont mises en place à l’échelle locale. L’une permet aux citoyens de faire remonter leurs problèmes et les solutions qu’ils envisagent : démocratie participative. L’autre pousse l’activité citoyenne plus loin en permettant à celui-ci de voter, de donner une voix, pour ou contre un projet : démocratie délibérative. Ces différentes mesures sont prises dans certaines villes comme Barcelone, Nantes, Paris, Metz et sont même devenues des réflexes politiques dans les pays scandinaves. D’après Loïc Blondiaux, professeur au département de sciences politiques à la Sorbonne (Paris I), l’échelle municipale est la meilleure pour l’innovation démocratique surtout en ce qui concerne les avancées écologiques et sociales. Article du Monde : ici

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Pourtant, ces idées ne sont pas nouvelles. Dès la deuxième partie du XXe siècle, de nombreux penseurs et politiques tels que Hannah Arendt, John Rawls ou Pierre Mendes-France, réfléchissent à améliorer le système politique. Hannah Arendt a d’ailleurs imaginé apporter un peu de démocratie directe en créant à l’échelle nationale un comité de réflexion citoyen où les volontaires auraient été tirés au sort et devaient réfléchir sur certaines thématiques étatiques.

En conclusion, la démocratie est, comme l’a dit Winston Churchill : « le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres ». Pourtant, le Premier Ministre d’une des plus vieilles démocraties du monde soulève ici le fait qu’elle est le meilleur des systèmes que nous ayons pour le moment, malgré les inconvénients que nous avons pu soulever. Nos droits, libertés ne sont pas acquis pour toujours et il faut que nous nous mobilisions afin de faire vivre et d’améliorer notre démocratie : denrées rare et chère dans un monde où les droits de l’homme sont encore bafoués.

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