Édito #5 : Un (splendide) roman français

Cette semaine a été, pour moi, productivement culturelle, ou culturellement productive. Valérie Lemercier a déclaré à Léa Salamé que « l’art doit être facile. » Je compléterai ses propos par ceci : c’est l’accès à l’art qui doit être facile et évident ; il est nécessaire d’avoir cette culture de l’art. Si elle ne nous est pas inculquée, c’est à nous de la forger par nos propres moyens, d’ouvrir nos propres portes. C’est à nous de créer des ponts entre des œuvres qui nous paraissent accessibles et d’autres qui le sont sans doute moins.

J’ai posé Beigbeder sur ma table de chevet, puis sur ma table basse ; jonglant entre le confort de mon lit et celui de mon canapé pour me plonger dans l’univers de mon écrivain-roi alcoolisé.

J’ai attaqué par « Un roman français ». Frais, dynamique et splendide. Mais je dois bien avouer que j’étais conquis d’avance. J’ai suivi Beigbeder en haut du World Trade Center, dans une agence de publicité, dans une agence de mannequinat, dans la vie d’un écrivain qui n’assume pas de l’être, dans une énumération littéraire pré-apocalyptique dans le New-York de J. D. Salinger, et cette fois-ci, dans sa cellule du huitième arrondissement de Paris, au cœur de sa nuit de garde-à-vue. De cette cage provisoire et beaucoup moins dorée que la boite de nuit devant laquelle il s’est fait attraper le nez enfariné, il nous emmène jusqu’au Pays Basque où ses parents se sont rencontrés, aux plages de Guéthary où il aime passer du temps, ou encore jusqu’aux ruelles de Neuilly où il a grandi. Son aventure judiciaire et mémorielle lui a valu le Prix Renaudot 2009 (que je lui aurais donné au moins deux fois de plus). Il pose, ici, la question du temps, de la mémoire et de l’enfance : « On peut oublier son passé. Cela ne signifie pas que l’on va pouvoir s’en remettre. »

Continuant sur la voie du passé et du souvenir, je me suis ensuite replongé dans son « Oona et Salinger » : le New-York de O. D. Salinger, le Hollywood de Oona et Charlie Chaplin et le Paris d’Ernest Hemingway. Sans doute l’un de ses meilleurs livres, peut-être le moins personnel mais certainement le plus intime. « Nos vies n’ont pas d’importance, elles coulent au fond du temps, pourtant nous avons existé et rien ne l’empêchera : bien que liquides, nos joies ne s’évaporent jamais. »

En clair, j’ai suivi et suivrai Beigbeder avec passion et acharnement : dans ses livres, dans ses films, dans ses chroniques et même dans son magazine. Je n’en sors que mieux, que plus passionné, que plus comblé, et même peut-être plus grand. Je vous assure, ça ne fait aucun mal : lisez !

Peter RECHOU

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s