Las Morras : le collectif mexicain qui se bat contre le harcèlement de rue

Elles sont quatre, mexicaines, âgées de 18 à 28 ans et ont formé le collectif « Las Morras » (« jeunes femmes » en espagnol mexicain) afin de lutter contre le harcèlement de rue, les violences faites aux femmes, et plus globalement le sexisme.

En mai dernier, elles ont posté sur leur chaîne YouTube une vidéo pour dénoncer le harcèlement de rue à Mexico. Dans cette vidéo, deux d’entre elles se promènent dans la rue, vêtues d’une jupe noire. Les deux autres les filment, munies de caméras cachées dans leur sac à main. Le but est de monter les réactions des passants, l’enfer que vivent quotidiennement les femmes, qui ne peuvent pas s’habiller librement sans se confronter à de nombreuses remarques très déplacées et des sifflements.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Dès le début de la vidéo, les deux jeunes femmes marchent sous un brouhaha provoqué par les sifflets, cries et injures de nombreux hommes. Lorsqu’elles décident de répondre à certaines remarques, les passants se retrouvent très vite démunis de tout argument et, dans la plupart des cas, finissent par s’excuser ou minimiser leurs propos.

«Nous sommes instruites pour les ignorer depuis l’enfance et c’est une soumission ».

Partant de leurs propres expériences, elles souhaitent provoquer un débat dans le pays sur la place des femmes dans la société, ce qu’elles subissent au quotidien et les violences conjugales. Le harcèlement de rue n’est évidemment pas un phénomène nouveau mais elles voulaient, par le biais de cette vidéo, le montrer au monde entier.

Un constat alarmant dans un pays où, d’après les chiffres officiels, un crime sexuel est commis toutes les 68 heures.

La vidéo a recueilli plus d’1,2 millions de vues depuis sa publication et les jeunes femmes ont connu de nombreuses représailles allant des insultes sur les réseaux sociaux, des harcèlements par téléphone, jusqu’aux menaces de mort lorsqu’elles ont reçu des photos d’hommes avec des fusils ou encore des photos de femmes démembrées.

Le harcèlement de rue n’est pas propre au Mexique et il est important de rappeler qu’en France, d’après une étude menée auprès de 600 femmes empruntant les transports en commun en Essonne et en Seine-Saint-Denis, 100% d’entre elles disent avoir déjà été victimes de remarques sexistes ou d’agression sexuelle.

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