Portrait : Yann Barthes, entre mystère et talent

Plusieurs semaines après le début de son émission « Quotidien » sur TMC  et après avoir soufflé sa 42ème bougie, Yann Barthes s’est imposé comme un des patrons du PAF en battant dès le début les objectifs d’audience de la chaîne et en surpassant, de très loin, son ancienne émission « Le Petit Journal« , reprise par Cyrille Eldin. Yann Barthes a rempli son contrat et importé une émission d’information de grande qualité sur TMC. Après avoir réussi à ramener presque toute son ancienne équipe, à laquelle se sont ajoutés Vincent Dedienne et Valentine Oberti (anciennement dans Le Supplément sur Canal+), l’esprit du Petit Journal semble avoir délaissé les studios de Canal+ pour s’envoler vers le groupe TF1…

Un personnage atypique et mystérieux

Aujourd’hui un des animateurs les plus populaires, Yann Barthes ne dévoile rien de sa personnalité et laisse planer un mystère autour de sa vie. Un rapide coup d’œil sur sa page Wikipédia suffit à s’en rendre compte. À part qu’il est fan du Japon et qu’il travaille énormément, nous ne disposons d’aucune autre information sur lui. Impossible de trouver une photo de lui en dehors des plateaux télé, en train de faire ses courses ou en maillot de bain sur la plage. Il cache même sa situation amoureuse et familiale. Pas étonnant de la part de celui qui déclarait au magazine Lui en 2014 : « Il n’y a rien de plus précieux que l’anonymat. Si j’avais pu animer « Le Petit Journal » avec un casque sur la tête comme les Daft Punk, je l’aurais fait ! » ou encore: « la notoriété a changé ma vie et parfois je la regrette (…) disons que c’est un aléa de mon travail, mais pas un objectif ». Une prise de position intéressante dans une société où de plus en plus de personnes rêvent de devenir célèbres et où des individus sans intérêt sont érigés au niveau de super-star.

Une nouvelle forme de journalisme

En mélangeant humour, reportages décalés, sketchs, invités très variés, musique, grands reportages à l’autre bout du monde et analyse de la communication politique, Yann Barthes et son équipe ont créé une forme nouvelle forme de journalisme. C’est aujourd’hui la seule émission dans laquelle se côtoient sketchs totalement décalés, invités politiques, et reportages sur la guerre en Syrie. L’émission remporte en franc succès en parvenant à rassembler environ 1 million de téléspectateurs chaque soir. Une recette assez atypique, qui n’a pas peur de mélanger les genres avec des reportages simples, accessibles à tous et remplis d’informations. C’est devenu au fil des années une émission référence et incontournable dans son genre. A la fois source d’inspiration pour une nouvelle génération de journalistes et symbole de l’avènement de celle-ci. L’équipe de Quotidien soigne son image jeune, dynamique, drôle avec une bonne ambiance présente tous les soirs sur le plateau et fait souffler un vent de fraîcheur et de folie sur le groupe TF1.

Un producteur

En 2011, il crée la société de production Bangumi avec Laurent Bon, à l’époque producteur du « Petit Journal ». Depuis, Bangumi a produit de nombreuses émissions, surtout sur Canal+, parmi lesquelles « Le Supplément » diffusé sur Canal+ tous les weekend et présenté par Maïtena Biraben, puis Ali Badou. Plus récemment, Bangumi est à l’origine de « Stupéfiant !« , présenté par Léa Salamé et, bien évidemment, « Quotidien ».

Un succès source de critiques

Le grand succès du « Petit Journal » va s’accompagner de nombreuses critiques virulentes à l’égard de Yann Barthes et son équipe. Le concept innovant de l’émission qui consiste à tourner en dérision la parole politique, l’image des politiciens et à mettre ces derniers face à leurs contradictions ne va pas plaire à tout le monde. De fait, de nombreuses personnalités vont accuser Yann Barthes de malhonnêteté, de trucages ainsi que de désinformation. Nadine Morano parle de « manipulation » alors que Marine Le Pen refuse catégoriquement d’adresser la parole aux journalistes de l’émission. Une opinion visiblement partagée par la CCIJP (Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels), qui a, en 2012, refusé de donner leurs cartes de journalistes à 6 membres sur 12 de l’équipe jugeant que l’émission est plus proche du divertissement que de l’information. Partant de ce constat, il serait légitime de remettre en cause la détention de cette carte par de nombreuses personnes se revendiquant de la profession…

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